{"id":727,"date":"2022-05-12T21:54:41","date_gmt":"2022-05-12T19:54:41","guid":{"rendered":"http:\/\/cabaretwallon.be\/?page_id=727"},"modified":"2023-04-07T10:40:38","modified_gmt":"2023-04-07T08:40:38","slug":"les-regles-decriture","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/les-regles-decriture\/","title":{"rendered":"Les r\u00e8gles d&rsquo;\u00e9criture"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"727\" class=\"elementor elementor-727\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-44d5063a elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"44d5063a\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-774e0bb0\" data-id=\"774e0bb0\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-696f6fb3 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"696f6fb3\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"157\">\n<table width=\"100%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/strong><strong>ROYALE COMPAGNIE DU CABARET WALLON TOURNAISIEN<\/strong><\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; CONSEILS AUX VERSIFICATEURS TOURNAISIENS.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Nous destinons ces conseils \u00e0 nos jeunes concitoyens d\u00e9sireux de conna\u00eetre les r\u00e8gles auxquelles on doit ob\u00e9ir quand on compose en vers.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous voulons simplement et modestement mais tr\u00e8s amicalement\u00ad venir en aide \u00e0 tous ceux qui se risqueront \u00e0 \u00e9crire une chanson, un po\u00e8me, un monologue en patois de Tournai. Mais nous n&rsquo;avons nullement l&rsquo;intention de leur faire un cours complet de versification. Nous nous en tiendrons, au contraire, aux points essentiels qu&rsquo;il est impossible d&rsquo;ignorer pour \u00e9crire en vers et nous renverrons \u00e0 quelque ouvrage sp\u00e9cialis\u00e9 ceux que nous aurons suffisamment int\u00e9ress\u00e9s pour susciter leur d\u00e9sir d&rsquo;en conna\u00eetre davantage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong> L E&nbsp; V E R S&nbsp; E T&nbsp; S A&nbsp; M E S U R E.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Le vers fran\u00e7ais n&rsquo;est ni m\u00e9trique, ni rythmique; il est SYLLABIQUE, c\u2019est\u2011\u00e0\u2011dire qu&rsquo;il se construit non d&rsquo;apr\u00e8s la quantit\u00e9 des syllabes, br\u00e8ves ou longues, comme le vers latin ou le grec, non d&rsquo;apr\u00e8s leur accentuation, comme le vers allemand ou l&rsquo;anglais, mais d&rsquo;apr\u00e8s leur nombre.<\/p>\n<p>Il en est exactement de m\u00eame pour notre vers dialectal.<\/p>\n<p>Dans la po\u00e9sie fran\u00e7aise, le compte des syllabes est compliqu\u00e9 par les r\u00e8gles de l&rsquo;E muet qui a suscit\u00e9 beaucoup de discussions et de d\u00e9saccords. Ces r\u00e8gles, nous jugeons inutile de les rappeler ici parce qu&rsquo;elles sont inexistantes dans notre po\u00e9sie dialectale o\u00f9 l&rsquo;E muet s&rsquo;\u00e9lide automatiquement non seulement chaque fois qu&rsquo;il est suivi d&rsquo;une voyelle (comme en fran\u00e7ais) mais aussi partout o\u00f9 il \u00ab&nbsp;saute&nbsp;\u00bb dans la prononciation. C&rsquo;est tout \u00e0 fait logique, puisqu&rsquo;on \u00e9crit le patois comme on le parle et quand on parle le patois les E muets \u00ab&nbsp;sautent&nbsp;\u00bb. EN VERS PATOIS, SEULES LES SYLLABES SONORES COMPTENT et les E muets non \u00e9lid\u00e9s parce que suivis d&rsquo;une voyelle, sont remplac\u00e9s par une apostrophe. D&rsquo;autre part, rappelons que, tout comme en fran\u00e7ais, le E des rimes f\u00e9minines n&rsquo;entre pas en ligne de compte.<\/p>\n<p>Un exemple nous aidera \u00e0 mieux comprendre. Dans le premier couplet de sa chanson \u00ab&nbsp;Les Gosses de Tournai&nbsp;\u00bb, Henri Thauvoye a \u00e9crit:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Ch&rsquo;est nous \u00e9aut&rsquo;s les gosses<\/li>\n<li>De l&rsquo;vill&rsquo; de Tournai<\/li>\n<li>Ein&rsquo; bint&rsquo; de p&rsquo;tit&rsquo;s rosses<\/li>\n<li>Tra\u00eenant d&rsquo;sus les quais &#8230;..<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de vers de cinq syllabes. Mettons maintenant le troisi\u00e8me vers en fran\u00e7ais. Cela nous donne:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une bande de petites rosses\u00a0\u00bb&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; soit un vers de 9 syllabes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais jamais un Tournaisien ne dira \u00ab&nbsp;Eine binte de petites rosses&nbsp;\u00bb; il dit : \u00ab&nbsp;Ein\u2019 bint\u2019 de p\u2019tit\u2019s rosses\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bbet comme le patois \u00e9crit doit reproduire fid\u00e8lement le patois parl\u00e9, la notation de Thauvoye est la seule valable, puisque le Tournaisien dit: \u00ab&nbsp;Ein\u2019 bint\u2019 de p\u2019tit\u2019s rosses&nbsp;\u00bb supprimant non seulement les E muets, mais aussi le E accentu\u00e9 de pEtites.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Supposons un instant que Thauvoye ait \u00e9crit en vers de six syllabes. Dans ce cas, il lui aurait manqu\u00e9 une syllabe. Eh bien, s\u2019il avait alors \u00e9crit<\/p>\n<p>EinE bint\u2019 de p\u2019tit\u2019s rosses<\/p>\n<p>ou Ein\u2019 bintE de p&rsquo;tit&rsquo;s rosses<\/p>\n<p>ou Ein\u2019 bint\u2019 de pEtit&rsquo;s rosses<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On aurait tout simplement pu dire qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas respect\u00e9 la fa\u00e7on de parler du Tournaisien. Tout au plus, dans ce cas, aurait\u2011il pu \u00e9crire:<\/p>\n<p>Ein\u2019 bint\u2019 de p\u00e9tit\u2019s rosses<\/p>\n<p>parce que, dans l&rsquo;usage courant, on rencontre parfois cette forme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, nous dirons que notre vers dialectal est beaucoup plus familier que le vers fran\u00e7ais dont il n&rsquo;a ni la pompe, ni les p\u00e9riphrases, ni les inversions et autres licences savantes. Mais cela ne veut nullement dire qu&rsquo;il ne soit pas po\u00e9tique&nbsp; et qu&rsquo;il ne permette pas l&rsquo;expression de tout le lyrisme contenu dans l&rsquo;\u00e2me populaire. Les exemples abondent qui prouvent le contraire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voici encore quelques types de vers de douze syllabes dans lesquels on remarquera l&rsquo;\u00e9lision syst\u00e9matique du E muet:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Deux microp\u2019s bin portants, dins ein\u2019 panch\u2019 bin malate&#8230;<\/li>\n<li>Pour ein\u2019 surprisse, ah&nbsp;! cha&nbsp;! j\u2019vous jur\u2019, ch\u2019teot ein surprisse..&rsquo;.<\/li>\n<li>J&rsquo;aim\u2019 tes arp\u2019s et tes camps, j&rsquo;aim\u2019 tes beos et tes plaines&#8230;<\/li>\n<li>J&rsquo;aim\u2019 tes vill\u2019s, tes villach\u2019s, tous tes vieux molumints&#8230;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;\u00e9criture, nous avons toujours pens\u00e9 que lorsque le E muet d&rsquo;un mot au singulier est suivi d&rsquo;un mot commen\u00e7ant par une voyelle ou un H muet, il est inutile de remplacer ce E muet par une apostrophe puisqu&rsquo;il s\u2019\u00e9lide automatiquement. Rien ne sert, en effet, de multiplier ces apostrophes qui rebutent parfois ceux qui d\u00e9butent dans la lecture de nos textes.<\/p>\n<p><strong>Exemple<\/strong>: \u00ab\u00a0Tout ce qu&rsquo;Ang\u00e8lE ell\u2019 dit, i l&rsquo;acceptE in riant&#8230;\u00a0\u00bb (12 syll.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9e, nous ajouterons que ceux qui \u00e9crivent en prose ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 laisser la plupart des E muets sans les remplacer par une apostrophe; le lecteur \u00e9lidera lui\u2011m\u00eame, comme il le fait d&rsquo;ailleurs en fran\u00e7ais. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en prose nous \u00e9cririons:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;J&rsquo;aime tes arpes et tes camps, j&rsquo;aime tes beos et tes plaines, j&rsquo;aime tes villes, tes villaches, tous tes vieux molumints &#8230;&nbsp;\u00bb&nbsp; et le lecteur n\u2019aurait pas plus lu en conservant les E muets qu&rsquo;il n&rsquo;aurait lu en faisant les liaisons car il doit savoir que dans notre patois on ne prononce pas plus toutes les syllabes qu&rsquo;on ne fait les liaisons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avant d&rsquo;aborder l&rsquo;important chapitre de la rime, nous devons dire un mot de l&rsquo;HIATUS qui est la rencontre de deux voyelles dont l&rsquo;une finit un mot et dont l&rsquo;autre commence le mot suivant. Nous dirons simplement que les r\u00e8gles actuelles, en fran\u00e7ais, sont beaucoup moins strictes que du temps de Malherbe ou de Boileau. Aujourd&rsquo;hui, seul est proscrit le v\u00e9ritable hiatus, c\u2019est\u2011\u00e0\u2011dire celui qui est d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 l&rsquo;oreille. En patois, la r\u00e8gle est moins rigide, mais il reste n\u00e9anmoins que certains hiatus qui choquent l&rsquo;oreille doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong> L A&nbsp; R I M E<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>La rime caract\u00e9rise notre po\u00e9sie dialectale comme la po\u00e9sie fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Elle consiste dans la r\u00e9p\u00e9tition, \u00e0 la fin de deux ou de plusieurs vers, de la m\u00eame voyelle accentu\u00e9e suivie des m\u00eames articulations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sommel et solel &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; imache et m\u00e9nache&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; orelle et nouvelle<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>train et prochain&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; feumer et pleumer &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; patois et putois<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il ne faut pas confondre la rime et l&rsquo;ASSONANCE, celle\u2011ci, qui n\u2019est en somme qu&rsquo;une rime imparfaite, \u00e9tant la r\u00e9p\u00e9tition de la voyelle, quelle que soit l&rsquo;articulation qui la suit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>tape et masse et m\u00e9nache et patte<\/p>\n<p>bronze et ombre et tompe<\/p>\n<p>cante et oranche et esp\u00e9rance<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em><u>RIME MASCULINE ET RIME FEMININE.<\/u><\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La <u>RIME MASCULINE<\/u> est celle des mots qui finissent par une SYLLABE SONORE, une syllabe qui a l&rsquo;accent tonique.<\/p>\n<p>mort et sort &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; carilleon et maseon&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; cou et caillou<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La <u>RIME FEMININE<\/u> est celle des mots qui finissent par une SYLLABE MUETTE, sans accent tonique:<\/p>\n<p>caravelle et poutrelle&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; peompe et treompe&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; furie et cat\u00e9gorie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Rappelons que la syllabe muette \u00e0 la rime&nbsp; ne compte pas pour la mesure du vers; le E muet peut donc \u00eatre suivi<\/p>\n<p>de S (marque du pluriel) ou de NT (marque de la troisi\u00e8me personne du pluriel), la rime&nbsp; reste f\u00e9minine et ne fait pas compte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>portique et magnifiques&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; meurent et pleurent<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u>Exception <\/u>: la finale en ENT de l&rsquo;imparfait et du conditionnel ne compte pas; les mots en OIENT et en AIENT forment des rimes <u>masculines. <\/u><\/p>\n<p>Soient rime avec croit et feraient rime avec portrait.<\/p>\n<p>(Ces cas ne se pr\u00e9sentent pas en patois de Tournai)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u>VALEUR DES RIMES.<\/u><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1) Rime <u>suffisante<\/u> \u2011&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la rime est dite suffisante quand elle porte sur une syllabe accentu\u00e9e suivie des m\u00eames<\/p>\n<p>articulations (c&rsquo;est\u2011\u00e0\u2011dire des m\u00eames consonnes )<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>finale et rafale&nbsp;&nbsp; \u2011&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; tumulte et insulte&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; effort et tr\u00e9sor<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2) Rime <u>riche<\/u> \u2011&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la rime est dite riche quand, dans les deux mots qui riment, la voyelle est, en plus, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e<\/p>\n<p>de la m\u00eame articulation, de la ou des m\u00eames consonnes, qui sont appel\u00e9es consonnes d&rsquo;appui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>cribler et combler&nbsp;&nbsp; \u2011&nbsp;&nbsp;&nbsp; c\u00e9l\u00e9brer et timbrer&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; chapitre et pupitre<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>3) Rime <u>superflue <\/u>\u2011&nbsp; la rime est dite superflue quand les deux syllabes finales riment.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>olive et solive et enjolive&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; final et matinal<\/p>\n<p>affirmatif et alternatif&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; lib\u00e9ral et litt\u00e9ral<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce qui pr\u00e9c\u00e8de \u00e9tant connu, nous donnerons maintenant quelques REGLES IMPORTANTES \u00e0 observer tant en patois qu&rsquo;en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>a) un mot ne peut rimer avec lui\u2011m\u00eame. Mais, par contre, deux homonymes peuvent parfaitement rimer :<\/li>\n<\/ol>\n<p>marche (d&rsquo;escalier) avec marche (militaire)<\/p>\n<p>mousse (jeune marin), mousse (plante) et mousse (du verbe mousser )<\/p>\n<p>s\u00fbr (acide) et s\u00fbr (certain)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>b) un mot ne peut rimer avec son verbe:<\/li>\n<\/ol>\n<p>flamme et enflamme&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; grange et engrange &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; dommage et d\u00e9dommage<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>c) un mot ne peut rimer avec son compos\u00e9 ni les compos\u00e9s entre eux<\/li>\n<\/ol>\n<p>voir et pr\u00e9voir&nbsp;&nbsp; \u2011 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; lire et relire &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; battre et combattre<\/p>\n<p>entrevoir et pr\u00e9voir&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2011 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; lever, relever et soulever<\/p>\n<p>prouver, approuver et d\u00e9sapprouver<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>d) une syllabe longue ne rime pas avec une syllabe br\u00e8ve (suivant le grand principe que la rime est faite POUR L&rsquo;OREILLE et non pour l&rsquo;oeil):<\/li>\n<\/ol>\n<p>ordonne ne rime pas avec tr\u00f4ne&nbsp; &#8211;&nbsp; abattre ne rime pas avec idol\u00e2tre<\/p>\n<p>flamme ne rime pas avec \u00e2me<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>e) les finales E, I, U, ENT, ANT et la finale A des verbes doivent rimer obligatoirement de l&rsquo;articulation.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sant\u00e9&nbsp; rime avec v\u00e9rit\u00e9 mais donne une rime insuffisante avec affam\u00e9;<\/p>\n<p>apprenti rime avec parti mais donne une rime insuffisante avec ch\u00e9ri.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>f) les finales f\u00e9minines, EE,IE,UE,EUSE,AIRE,ERE,doivent obligatoirement rimer de l&rsquo;articulation<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ann\u00e9e rime avec journ\u00e9e mais donne une rime insuffisante avec arm\u00e9e<\/p>\n<p>momie rime avec chimie mais donne une rime insuffisante avec toupie<\/p>\n<p>berlue rime avec \u00e9value mais donne une rime insuffisante avec \u00e9ternue<\/p>\n<p>voleuse rime avec rec\u00e9leuse mais donne une rime insuffisante avec coureuse<\/p>\n<p>affaire rime avec satisfaire mais donne une rime insuffisante avec notaire<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>REMARQUE: pour e) et f) ci\u2011dessus disons que dans des oeuvrettes de moindre importance,<\/p>\n<p>on peut oublier ces exigences.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>les rimes ES, AIS, AITS, et \u00caTS riment ensemble quoique d\u2019orthographe diff\u00e9rente (encore le principe de la rime pour l&rsquo;oreille et pas pour l&rsquo;oeil).<\/li>\n<\/ol>\n<p>progr\u00e8s, rets, fran\u00e7ais et satisfait riment ensemble.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>h) par contre, des mots comme : Jupiter et d\u00e9tester&nbsp; &#8211;&nbsp; h\u00e9las et coutelas&nbsp; &#8211;&nbsp; jadis et paradis&nbsp; :&nbsp; ne riment pas.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Soulignons qu&rsquo;il peut arriver que des mots qui ne riment pas en fran\u00e7ais riment en patois, comme VILLE et FAMILLE (le ILLE de famille n&rsquo;\u00e9tant pas mouill\u00e9 en patois (ein garcheon d&rsquo;beonne famile)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>i) il faut \u00e9viter de faire se succ\u00e9der des rimes masculines et des rimes f\u00e9minines qui se prononcent de la m\u00eame fa\u00e7on :<\/li>\n<\/ol>\n<p>mots en OIX, OIT ou OIS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et mots en OIE<\/p>\n<p>mots en AIR &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et mots en ERRE ou AIRE<\/p>\n<p>mots en AL &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et mots en ALE<\/p>\n<p>mots en AILLE &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et mots en AIL<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Th\u00e9odore de Banville r\u00e9clame, pour la rime, l&rsquo;importance pr\u00e9pond\u00e9rante dans la facture du vers. Sans aller jusqu&rsquo;\u00e0 rechercher le raffinement des rimes superflues, il convient de faire l&rsquo;effort maximum pour rechercher la rime riche. Adolphe PRAYEZ \u00e9tait un passionn\u00e9 de la rime riche. Voyons par exemple le deuxi\u00e8me couplet de \u00ab\u00a0L&rsquo;Dernier balotil\u00a0\u00bb:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Appliqu&rsquo;t&rsquo;\u00e0 bin cueiller l&rsquo;ring\u00e9e<\/li>\n<li>Su l&rsquo;m\u00e9tier mets\u2011te bin d&rsquo;apleomb;<\/li>\n<li>Ramass&rsquo; l\u00e0 ceull&rsquo; mall&rsquo; d\u00e9ring\u00e9e &#8230;<\/li>\n<li>Aiwill&rsquo; cass\u00e9&rsquo; : f\u00e9aut f\u00e9ont&rsquo; les pleombs!<\/li>\n<li>Et te n&rsquo;as pos fini d&rsquo;tes peines;<\/li>\n<li>T&rsquo;ov&rsquo;l\u00e0 presque au bout du cor\u00e9on;<\/li>\n<li>Mets tes \u00e9chets sur l&rsquo;\u00e9trupeine,<\/li>\n<li>F\u00e9s des babein&rsquo;s, puis nous verr\u00e9ons!<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ou les deux premiers couplets de \u00ab\u00a0L&rsquo;Tireu \u00e0 l&rsquo;arc\u00a0\u00bb:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Quand ein tireu s&rsquo;in va tirer,<\/li>\n<li>Faut l&rsquo;vir partir, d&rsquo;ein pas m&rsquo;sur\u00e9<\/li>\n<li>T&rsquo;nant s&rsquo;carquois et s&rsquo;n&rsquo;arc inserr\u00e9<\/li>\n<li>Dins s&rsquo;verte ga\u00eene &#8230;<\/li>\n<li>Qu&rsquo;i alle au Parc, aux Artilleurs,<\/li>\n<li>Ichi dins l&rsquo;ville ou bin ailleurs,<\/li>\n<li>I s&rsquo;in va pus fier qu&rsquo;ein seigneur &#8230;<\/li>\n<li>Cha ch&rsquo;t&rsquo;ein&rsquo; d\u00e9ga\u00eene!<\/li>\n<li>Pus fort que Saint\u2011Bastien, s\u2019patreon,<\/li>\n<li>Comm&rsquo; beon tireu, comm\u2019 gai lureon,<\/li>\n<li>I\u2011est connu dins tous l&rsquo;z&rsquo;invireons,<\/li>\n<li>Dins les communes;<\/li>\n<li>Et m\u00eam, si te veux l&rsquo;acouter,<\/li>\n<li>Sans s&rsquo;vanter i va t&rsquo;raconter<\/li>\n<li>Qu&rsquo;i\u2011a eu des prix d&rsquo;tous les c\u00f4t\u00e9s &#8230;<\/li>\n<li>Qu&rsquo;\u00e0 dins la lune!\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p><strong>III. LE S&nbsp;&nbsp;&nbsp; D I F F E R E N T E S&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ME S U R E S&nbsp;&nbsp;&nbsp; D E&nbsp;&nbsp; V ER S<\/strong><\/p>\n<p>Il y a des vers de 1 \u00e0 12 syllabes, voire m\u00eame de 13, 14 et 15 syllabes. Les plus employ\u00e9s sont l&rsquo;octosyllabe (8 syll.) le d\u00e9casyllabe (10 syll.) et le dod\u00e9casyllabe ou alexandrin (12 syll.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab\u00a0Le ciel est par dessus le toit\u00a0\u00bb (8 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0On oblie tout quand on s&rsquo;imbrasse\u00a0\u00bb (8 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Oui<strong>, <\/strong>c&rsquo;est une sal&rsquo; d\u00e9m\u00e9priseusse\u00a0\u00bb (8 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Sur la bruy\u00e8re longue infiniment\u00a0\u00bb (10 Syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0C&rsquo;est m\u00eame honteux d&rsquo;fair&rsquo; si tant d&rsquo;imbarras\u00a0\u00bb (10 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Bonjour et comment \u00e7&rsquo;que \u00e7a va, Zabelle?\u00a0\u00bb (10 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0D\u00e9j\u00e0 tout p&rsquo;tit, quand j&rsquo;alleos \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, (10 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0J\u2019 passeos pour ein qui n&rsquo;est pos fort malin! (10 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0On s&rsquo;amuseot \u00e0 buquer su m&rsquo;cass&rsquo;role (10 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Et on ma1traiteot tous les jours d&rsquo;innochint! (10 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Tu changes en \u00e9mail le vernis de la cruche; (12 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Tu fais un \u00e9tendard en s\u00e9chant un torchon; (12 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0La meule a, gr\u00e2ce \u00e0 toi, de l&rsquo;or sur sa capuche (12 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Et sa petite soeur, la ruche&nbsp; (8 syll.)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0A de l&rsquo;or sur son capuchon!\u00a0\u00bb (8 syll.) (Ed.Rostand \u2011\u00a0\u00bbOde au soleil\u00a0\u00bb)<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Wallonie! P&rsquo;tit pays, ni fort larqu&rsquo;, ni fort leong, (12 syll.)<\/li>\n<li>Te tiens pus d&rsquo;plach&rsquo; dins m&rsquo;coeur que tout l&rsquo;restant de 1&rsquo;tierre (12 syll.)<\/li>\n<li>J&rsquo;te jur&rsquo; que ch&rsquo;t&rsquo;ein amour qui dur&rsquo;ra m&rsquo;vie inti\u00e8re (12 syll.)<\/li>\n<li>Et qu&rsquo;qu&rsquo;\u00e0 m&rsquo;dernier soupir ej s&rsquo;rai fier d&rsquo;\u00eat&rsquo; Walleon! (12 syll.)&nbsp;&nbsp;&nbsp; (Lucien Jardez)<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la versification libre, les vers de toutes mesures sont m\u00eal\u00e9s selon le seul caprice du po\u00e8te. Le plus bel exemple: les fables de La Fontaine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong> L E S D I F F E R E N T E S C OM B I N A I S 0 N S&nbsp;&nbsp; D E&nbsp;&nbsp; R I M E S.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>1) Rimes <u>continues<\/u>.\u2011 Le morceau entier ou toute une s\u00e9rie de vers se terminant par la m\u00eame rime. Les rimes continues ne sont plus employ\u00e9es que comme tour de force de versification plaisante.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2) Rimes <u>plates ou suivies<\/u>.\u2011 MM.FF.MM. etc ou FF.MM.FF. etc &#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Vous s&rsquo;in souv&rsquo;nez, Lisett&rsquo;, d\u2019ceulle soir\u00e9e d\u2019no jeonesse<\/li>\n<li>Qu\u2019 mi j&rsquo;n&rsquo;oblierai jamais ? Comm&rsquo; je m&rsquo;sinteos b\u00e9nesse<\/li>\n<li>D&rsquo;infin s&rsquo;trouver qu&rsquo;\u00e0 deux! Si vous ariez pouvu<\/li>\n<li>Vir jusqu&rsquo;au feond d&rsquo;mi\u2011m\u00eam&rsquo; &#8230; tout \u00e7&rsquo;que vous ariez vu!<\/li>\n<li>J\u2019arriveos tout perdu d&rsquo;amour et d&rsquo;esp\u00e9rance<\/li>\n<li>Avec ein coeur tout nu\u00e9, sans accreoc, sans souffrance!<\/li>\n<li>Vous aviez ceull&rsquo; rop&rsquo; bleu&rsquo;, parelle au bleu d&rsquo; vos yeux,<\/li>\n<li>Parel au bleu du ciel &#8230; Tout \u00e7&rsquo;bleu ch\u2019t&rsquo;eot contagieux:<\/li>\n<li>Je n&rsquo;veyeos pus qu&rsquo;du bleu! &#8230; En\u00e9 qu&rsquo;j&rsquo;aveos l&rsquo;air drole ?<\/li>\n<li>J&rsquo;resteos plant\u00e9 d&rsquo;vant vous sans dire ein&rsquo; seul&rsquo; parole &#8230;<\/li>\n<li>Et pourtant j&rsquo;aveos l\u00e0, tout pr\u00eat&rsquo;, ein bieau discours &#8230;<\/li>\n<li>Mais pourquoi qu&rsquo;\u00e0 \u00e7&rsquo;moumint tout m&rsquo;n&rsquo;\u00e2m&rsquo; crieot au s\u2019cours ?<\/li>\n<li>Aujord&rsquo;hui comme alors, qu&rsquo;importe o\u00f9 \u00e7&rsquo;que vous \u00eates,<\/li>\n<li>Vous s&rsquo;in souv&rsquo;nez, Lisette&nbsp;?<\/li>\n<\/ul>\n<p>(L.J)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s deux rimes masculines il faut deux rimes f\u00e9minines et jamais deux autres masculines; apr\u00e8s deux rimes f\u00e9minines et il faut deux rimes masculines et jamais deux autres f\u00e9minines&#8230;et ainsi de suite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>3) Rimes <u>crois\u00e9es<\/u>.\u2011 M.F.M.F. etc &#8230; ou F.M.F.M &#8230; etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Tous les deux on \u00e9teot partis,<\/li>\n<li>Dins les camps, les pr\u00e9s, dins l&rsquo;verdure;<\/li>\n<li>A s\u2019poursuife on s&rsquo;aveot m\u00e2tis,<\/li>\n<li>Comm&rsquo; les ozieaux feont dins l&rsquo;z&rsquo;h\u00e9yures &#8230;<\/li>\n<li>Dins 1&rsquo;traleine on s&rsquo;a r\u00e9tindus,<\/li>\n<li>Qu&rsquo;i fait beon l\u00e0, quand on s\u2019orposse!<\/li>\n<li>Et je m&rsquo;souviens qu&rsquo;on n\u2019veyeot &lsquo; pus<\/li>\n<li>Que l&rsquo;debout de vo p\u2019tit nez r\u00f4sse.\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p>(A.Prayez&nbsp; \u00ab&nbsp;P&rsquo; tit nez r\u00f4sse \u00bb)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Comme on le voit, le premier vers rime avec le troisi\u00e8me, le deuxi\u00e8me avec le quatri\u00e8me, le cinqui\u00e8me avec le septi\u00e8me et ainsi de suite. Si le quatri\u00e8me est masculin, le cinqui\u00e8me doit avoir une nouvelle rime f\u00e9minine et vice\u2011versa, m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit de strophes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>4) Rimes <u>embrass\u00e9es<\/u>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; M.F.F.M. ou F.M.M.F.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Quand \u00e7&rsquo;qu&rsquo;au matin d&rsquo;la vie on s&rsquo;a r&rsquo;trouv\u00e9 su \u00e7&rsquo;meonte,<\/li>\n<li>On n\u2019pouveot pos savoir qu&rsquo;on \u00e9teot condamn\u00e9<\/li>\n<li>A \u00e7\u2019qui\u2011est \u00e9crit d&rsquo;avanche &#8230; Et p\u00e9aufe ou fortun\u00e9<\/li>\n<li>Qu&rsquo;on deot suife s&rsquo;qu\u00e9min su 1&rsquo;tierre qui\u2011est toudis reonte!\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p>(L.Jardez)<\/p>\n<ul>\n<li>P&rsquo;tit couin d&rsquo;tierre ador\u00e9, j&rsquo;n&rsquo;ordirai pos t&rsquo;n&rsquo;histoire!<\/li>\n<li>On t&rsquo;aim&rsquo; ! &#8230;Chest l&rsquo;principal! &#8230; On est fier de t&rsquo;pass\u00e9,<\/li>\n<li>Mais ch&rsquo;est l\u2019pr\u00e9sint qui queompt&rsquo;! &#8230; Tel que t&rsquo;es ch&rsquo;est assez<\/li>\n<li>Pou rimplir tout no coeur&#8230;Ch&rsquo;est cha t\u2019pus bell&rsquo; victoire!<\/li>\n<\/ul>\n<p>(L.Jardez)<\/p>\n<p>5) Rimes <u>m\u00eal\u00e9es<\/u>.\u2011 L&rsquo;ordre est absolument quelconque. Voir les fables de Jean de la Fontaine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>6) Rimes <u>redoubl\u00e9es<\/u>.\u2011 La m\u00eame rime est reprise trois fois ou plus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voir &nbsp;\u00ab\u00a0L&rsquo;Tireu \u00e0 l&rsquo;arc\u00a0\u00bb de Prayez, page 4 ci\u2011avant.<\/p>\n<p>Il y a encore d&rsquo;autres combinaisons de vers, surtout pour les strophes de 5, 6, 7 vers et plus. Elles sauteront aux yeux \u00e0 la simple lecture.<\/p>\n<ol>\n<li><strong> L A C E S U R E.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>La c\u00e9sure est une PAUSE \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du vers, apr\u00e8s une syllabe accentu\u00e9e. Elle divise le vers en deux parties appel\u00e9es HEMISTICHES qui n&rsquo;ont pas n\u00e9cessairement le m\u00eame nombre de syllabes.<\/p>\n<p>Dans les vers de 5 \u00e0 10 syllabes, sa place est variable. Dans l&rsquo;alexandrin r\u00e9gulier, la c\u00e9sure doit tomber apr\u00e8s la sixi\u00e8me syllabe, qui ne peut \u00eatre muette. Si cette sixi\u00e8me syllabe est suivie d&rsquo;une syllabe muette, le E muet DOIT \u00eatre \u00e9lid\u00e9 par la voyelle initiale du mot suivant. Pratiquement donc, les sixi\u00e8me et septi\u00e8me syllabes d&rsquo;un alexandrin sont des syllabes sonores.<\/p>\n<ul>\n<li>C&rsquo;est l&rsquo;\u00e2me qui retient la douce souvenance<\/li>\n<li>Des amis que la vie a mis, par pr\u00e9venance,<\/li>\n<li>Le long des durs chemins montant \u00e0 l&rsquo;avenir!<\/li>\n<li>Plus riche chaque soir, le p\u00e8lerin regarde<\/li>\n<li>Le pass\u00e9 qui s&rsquo;estompe et, dans ses souvenirs,<\/li>\n<li>Flottent les amiti\u00e9s dont son coeur a la garde! &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (L.Jardez)<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Je m&rsquo;demante in mi\u2011m\u00eam&rsquo;, balou \u00e0 ti\u00eat&rsquo; de beos,<\/li>\n<li>Quoi \u00e7&rsquo;qui m&rsquo;a ratir\u00e9 dins vo foutu villache!<\/li>\n<li>Quand j&rsquo;pins&rsquo; qu&rsquo;on juch&rsquo; l&rsquo;osieau \u00e0 l&rsquo;valeur du pleumache<\/li>\n<li>Et qu&rsquo;j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 vous querre avec vos greos chabeots! &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;(L.Jardez)<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la pratique, et m\u00eame chez les ma\u00eetres, on trouve une grande diversit\u00e9 de coupes dans les alexandrins:<\/p>\n<p>4+4+4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2+4+6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3+9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2+10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3+3+6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4+8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2+4+2+4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4+2+2+4 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3+5+4<\/p>\n<p>Cette diversit\u00e9 contribue \u00e0 donner au po\u00e8me un rythme propre \u00e0 son auteur. Il n&rsquo;en reste pas moins vrai qu&rsquo;elle doit \u00eatre employ\u00e9e judicieusement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles de la c\u00e9sure sont beaucoup plus rigoureuses pour les genres relev\u00e9s. En po\u00e9sie dialectale, une certaine licence est largement tol\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Disons, pour terminer qu&rsquo;une p\u00e9riode de douze syllabes sans c\u00e9sure aucune n&rsquo;est pas un vers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>VII. L &lsquo; E N J A M B E M E N T<\/strong><\/p>\n<p>Il y a enjambement lorsque la phrase commence dans un vers et finit seulement dans une partie du vers suivant.<\/p>\n<p>L&rsquo;enjambement peut \u00eatre voulu et recherch\u00e9 pour briser la monotonie du vers (surtout de l&rsquo;alexandrin). A cet \u00e9gard, il est d&rsquo;un puissant secours pour qui \u00e9crit un monologue.<\/p>\n<ul>\n<li>Emil&rsquo;, qu&rsquo;ell&rsquo; dit Ang\u00e8l&rsquo;, toi te vas commencer<\/li>\n<li>Par mette ein p&rsquo;tit peo d&rsquo;ort&rsquo; &#8230; D&rsquo;abord, te peux percer<\/li>\n<li>L&rsquo;trou pou l&rsquo;\u00e9colomie!&#8230;Puis, te mettras l&rsquo;pendule<\/li>\n<li>Avec ein ban crampan&nbsp;!&#8230;J\u2019suis t&rsquo;ici que j\u2019carcule<\/li>\n<li>Si \u00e7a n\u2019s\u2019rait pas cor mieux que t&rsquo;vas ormanter l&rsquo;lit<\/li>\n<li>Et aussi l&rsquo;garte\u2011rop&rsquo; pour qu&rsquo;on met les habits<\/li>\n<li>L&rsquo;pus vit&rsquo; possipe n&rsquo;dans! &#8230; Moi, j&rsquo;suis t&rsquo;ici tout&rsquo; noirte,<\/li>\n<li>J&rsquo;dois t&rsquo;aller m&rsquo;d\u00e9craper! &#8230; J&rsquo;vais \u00e9trenner l&rsquo;bainoirte! &#8230;&nbsp; (L.Jardez)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il y a enjambement du premier au deuxi\u00e8me vers (\u00ab\u00a0te vas commencer par mette ein p&rsquo;tit peu d&rsquo;orte\u00a0\u00bb) et du deuxi\u00e8me au troisi\u00e8me (\u00ab\u00a0te peux percer l&rsquo;trou\u00a0\u00bb)<\/p>\n<ul>\n<li>Plus riche chaque soir, le p\u00e8lerin regarde<\/li>\n<li>Le pass\u00e9 qui s&rsquo;estompe et, dans ses souvenirs,<\/li>\n<li>Flottent les amiti\u00e9s dont son coeur a la garde!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (L.Jardez)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il y a enjambement du premier au deuxi\u00e8me vers (\u00ab\u00a0le p\u00e8lerin regarde le pass\u00e9 qui s&rsquo;estompe\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>VIII.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; PO E M E S&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; F 0 R M E&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; F I X E.<\/strong><\/p>\n<p>Nous pourrions maintenant passer \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des po\u00e8mes \u00e0 forme fixe, c\u2019est\u2011\u00e0\u2011dire des po\u00e8mes dont le nombre de vers et l&rsquo;ordre des rimes sont immuablement fix\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais nous penserions d\u00e9border du cadre de ces conseils en \u00e9tudiant ces po\u00e8mes. Ceux que la chose int\u00e9resse trouveront tous les d\u00e9tails d\u00e9sirables dans une encyclop\u00e9die ou dans un trait\u00e9 de versification auxquels nous nous permettons de les renvoyer.<\/p>\n<p><strong>IX&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L A&nbsp;&nbsp; C H A N S 0 N<\/strong><\/p>\n<p>La chanson est la forme de la po\u00e9sie populaire, par excellence. Quoi d&rsquo;\u00e9tonnant qu&rsquo;elle soit, par excellence aussi, le genre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de nos auteurs patoisants.<\/p>\n<p>Tout ce que nous avons dit au sujet de la versification en g\u00e9n\u00e9ral est valable pour la chanson qui n&rsquo;est, en somme, qu&rsquo;un po\u00e8me \u00e0 mettre ult\u00e9rieurement en musique.<\/p>\n<p>Il y a n\u00e9anmoins quelques remarques particuli\u00e8res \u00e0 faire \u00e0 l&rsquo;intention des chansonniers qui, le plus souvent, \u00e9crivent leurs chansons sur des airs connus en rempla\u00e7ant les paroles originales par celles qu&rsquo;ils composent eux\u2011m\u00eames.<\/p>\n<p>Il est essentiel que les paroles nouvelles soient, quant au fond, adapt\u00e9es \u00e0 l&rsquo;air; on voit difficilement, par exemple, une cantate en l&rsquo;honneur de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 \u00e9crite sur l&rsquo;air de \u00ab\u00a0Monte l\u00e0 d&rsquo;sus!\u00a0\u00bb ou sur l&rsquo;air de \u00ab\u00a0Elle a perdu son pantalon!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De plus, au point de vue m\u00e9trique, la chanson nouvelle doit serrer de tr\u00e8s pr\u00e8s le texte original. Ne jamais remplacer des rimes masculines par des f\u00e9minines et vice\u2011versa. Dans le vers, il y a lieu de respecter la ou les c\u00e9sures de l&rsquo;original de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;un mot ne soit pas coup\u00e9 en deux quand le texte sera chant\u00e9.<\/p>\n<p>En un mot, le texte nouveau doit \u00ab&nbsp;coller&nbsp;\u00bb \u00e0 la musique aussi bien que le texte original.<\/p>\n<ol>\n<li><strong> L E M 0 N 0 L 0 G U E.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Le monologue est une histoire, g\u00e9n\u00e9ralement humoristique, \u00e9crite pour \u00eatre d\u00e9bit\u00e9e (et m\u00eame jou\u00e9e) par un seul acteur.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, le monologue peut \u00eatre \u00e9crit en prose; mais, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, c&rsquo;est une pi\u00e8ce de vers, narrative, dont le mot de la fin provoque l&rsquo;\u00e9clat de rire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>E N&nbsp;&nbsp;&nbsp; G U I S E&nbsp;&nbsp; D E&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C 0 N C L U S 1 0 N.<\/strong><\/p>\n<p>Notre seul voeu est que ces notes servent notre litt\u00e9rature tournaisienne en facilitant les premiers pas de nouveaux auteurs dialectaux.<\/p>\n<p>Que les d\u00e9butants y trouvent un enseignement qui, pour incomplet qu&rsquo;il soit, les aidera n\u00e9anmoins \u00e0 vaincre les premi\u00e8res difficult\u00e9s de la versification.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;ils sachent, de plus, que les Membres de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien sont l\u00e0 pour les \u00e9clairer, les guider, les corriger. Qu&rsquo;ils n&rsquo;h\u00e9sitent jamais \u00e0 leur demander un conseil. Car il n&rsquo;est pire engeance que ces gens de qualit\u00e9\u00a0\u00bb (soi\u2011disant) que fustige Moli\u00e8re dans \u00ab\u00a0Les Pr\u00e9cieuses ridicules\u00a0\u00bb, ces gens \u00ab\u00a0qui savent tout sans avoir rien appris\u00a0\u00bb!<\/p>\n<p>Qu&rsquo;ils se rappellent surtout que le Concours Prayez leur est ouvert et les attend. C&rsquo;est en participant \u00e0 ce concours annuel que bon nombre de membres actuels de la R.C.C.W.T. , parmi les meilleurs, ont fait leurs premi\u00e8res armes dans notre litt\u00e9rature dialectale.<\/p>\n<p>Leur exemple m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre suivi par tous ceux qu&rsquo;attire le charme de note patois tournaisien. Qu&rsquo;ils ne soient pas rebut\u00e9s au d\u00e9part par certaines difficult\u00e9s d&rsquo;orthographe : tout s&rsquo;apprend et tout se corrige. Encore ne faut\u2011il pas attendre l&rsquo;\u00e2ge de la retraite pour se mettre sur les rangs!<\/p>\n<p>Que ces futurs auteurs patoisants n&rsquo;oublient pas que notre parler picard a ses lettres de noblesse et qu&rsquo;il fut langue litt\u00e9raire au moyen-\u00e2ge. La chante\u2011fable d&rsquo;Aucassin et Nicolette, l&rsquo;oeuvre d&rsquo;Adam de la Halle et les premiers \u00e9crits du chroniqueur Froissart ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits en picard.<\/p>\n<p>Et plus tard, lorsque laur\u00e9ats d&rsquo;un de nos concours, ou m\u00eame devenus membres de notre Compagnie, il se rem\u00e9moreront leurs premiers pas dans nos lettres patoisantes, peut\u2011\u00eatre songeront\u2011ils aux quelques conseils contenus dans ces pages et qui les auront incit\u00e9s \u00e0 user d&rsquo;un moyen d&rsquo;expression qui, retournant aux sources, fait la liaison entre la simplicit\u00e9 des formules populaires et le p\u00e9dantisme parfois outrancier du langage officiel.<\/p>\n<p>Ce sera pour nous l&rsquo;inestimable r\u00e9compense d&rsquo;un travail que nous avons fait pour le seul plaisir de nous rendre utile aux lettres tournaisiennes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R.C.C.W.T.<\/strong><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ROYALE COMPAGNIE DU CABARET WALLON TOURNAISIEN &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; CONSEILS AUX VERSIFICATEURS TOURNAISIENS. &nbsp; Nous destinons ces conseils \u00e0 nos jeunes concitoyens d\u00e9sireux de conna\u00eetre les r\u00e8gles auxquelles on doit ob\u00e9ir quand on compose en vers. &nbsp; Nous voulons simplement et modestement mais tr\u00e8s amicalement\u00ad venir en aide \u00e0 tous ceux qui se risqueront \u00e0&hellip; <br \/> <a class=\"read-more\" href=\"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/les-regles-decriture\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"class_list":["post-727","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/727","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=727"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/727\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1012,"href":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/727\/revisions\/1012"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cabaretwallon.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=727"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}